Le nom divin sa signification et sa prononciation
En hébreu, il sorthographie הוהי. Ces quatre consonnes quon désigne communément par le mot Tétragramme se lisent de droite à gauche. Dans notre alphabet, on peut les transcrire YHWH ou JHVH. Ce mot revient près de 7 000 fois dans le texte de base des Écritures hébraïques (lAncien Testament).
Ce vocable est une forme du verbe hawah (הוה), qui se traduit par devenir, et il signifie Il fait devenir. Il présente donc le Créateur comme lÊtre qui réalise progressivement ses promesses et qui accomplit immanquablement ses desseins. Seul le vrai Dieu peut porter un nom si riche de sens.
Le fait est que personne ne sait vraiment comment ce nom sarticulait à lorigine. Quelle en est la raison? Rappelons que la première partie de la Bible a été rédigée en hébreu. Or, dans cette langue, on nécrivait à lépoque que les consonnes, et pas les voyelles. Évidemment, quand les rédacteurs divinement inspirés ont mentionné le nom du Créateur, ils ont suivi la même règle: ils nen ont inscrit que les consonnes.
Tant que lhébreu ancien était une langue vivante, cela ne présentait aucune difficulté. Les Israélites avaient lhabitude dutiliser le nom par excellence. De ce fait, lorsquils le rencontraient dans un texte ils rajoutaient les voyelles nécessaires à sa prononciation sans même y penser, un peu comme un francophone lira naturellement les abréviations vx vieux et gd grand.
Mais aujourdhui les choses ont changé, et ce pour deux raisons: Primo, une superstition a amené les Juifs à croire quil était mal de prononcer le nom divin. Quand donc ils le trouvaient en lisant la Bible à haute voix, ils lui substituaient un autre mot hébreu, ŽAdhônây (Souverain Seigneur). Secundo, avec le temps lhébreu ancien a cessé dêtre employé dans les conversations quotidiennes, de sorte que la prononciation originale du nom de Dieu a fini par tomber en désuétude.
Pour que lusage de la langue hébraïque dans son ensemble ne se perde pas, au cours de la deuxième moitié du premier millénaire de notre ère des docteurs juifs ont élaboré un système de signes représentant les voyelles manquantes, et ils lont introduit dans le texte consonantique de la Bible hébraïque. Désormais, les voyelles étaient écrites au même titre que les consonnes, ce qui a permis à la prononciation en vigueur à lépoque de se perpétuer.
Néanmoins, quand ils ont rencontré le nom de Dieu, ces scribes ne lui ont pas ajouté les signes vocaliques qui en auraient défini larticulation. Dans la plupart des cas, ils ont plutôt mis dautres points-voyelles afin de rappeler au lecteur quil devait dire ŽAdhônây. Cest de cet assemblage de lettres quest née la forme Iehouah ou Yehôwâh, qui sest transformée au fil des siècles pour donner Jéhovah, lorthographe reçue du nom divin en français. Ce terme a conservé les éléments essentiels du nom de Dieu tels quils apparaissent dans loriginal hébreu.
Comment le prononcerez-vous?
Dès lors, doù viennent les autres graphies du nom divin, comme Yahvé? Elles ont été avancées par des hébraïsants contemporains qui cherchaient à définir la prononciation primitive de ce nom à travers un certain nombre de déductions. Quelques-uns ils ne font pas lunanimité sont davis quavant lépoque de Jésus les Israélites articulaient probablement le nom divin Yahvé. Toutefois, personne nest en droit de laffirmer. Peut-être le prononçaient-ils dune autre manière encore.
Quoi quil en soit, nombreux sont ceux qui préfèrent employer lorthographe Jéhovah. Pourquoi? Parce quelle est autrement plus répandue et plus usuelle que sa rivale. Cependant, ne serait-il pas préférable dutiliser la forme qui a le plus de chances de ressembler à la prononciation originale? Pas nécessairement, car ce nest pas ainsi quon procède dordinaire avec les noms bibliques.
Pour prendre lexemple le plus marquant, citons le cas de Jésus. Savez-vous comment ses amis et ses parents lappelaient dans leurs conversations quotidiennes, pendant son enfance à Nazareth? En fait, nul ne peut se montrer catégorique sur ce point. Peut-être le dénommait-on Yéshoua` ou Yehôshoua`, mais sûrement pas Jésus.
Pourtant, quand ils ont rédigé en langue grecque les récits relatifs à sa vie, les évangélistes divinement inspirés nont pas tenté de préserver la prononciation hébraïque de son nom, car ils lont écrit Iêsous. Aujourdhui, les traductions le présentent différemment selon les langues: Les Espagnols trouvent dans leur Bible la forme Jesús (prononcez khéssouss), les Italiens lécrivent Gesù (Djèzou) et les Anglais Jesus (Djizess).
Allons-nous cesser demployer le nom de Jésus sous prétexte que peu de gens sinon personne savent aujourdhui comment il se prononçait au départ? Pour le moment, aucun traducteur nest allé jusque-là. Au fond, nous aimons nous servir de ce nom, car il évoque en nous limage du Fils bien-aimé de Dieu qui a donné son sang pour nous. Serait-ce honorer Jésus que décarter systématiquement son nom des Écritures pour le remplacer par de simples titres comme Enseignant ou Médiateur? Non, bien sûr. Il nous est beaucoup plus facile de nous représenter Jésus lorsque nous utilisons son nom personnel de la façon dont on le prononce généralement en français.
On pourrait faire les mêmes remarques à propos de tous les noms propres de
Ce principe sapplique tout autant au vocable Jéhovah. Même si cette orthographe ne correspond pas exactement à la prononciation originelle du nom divin, cela ne diminue en rien sa valeur. En effet, ce mot identifie bien le Créateur, le Dieu vivant, le Très-Haut à qui Jésus a dit: Notre Père qui es dans les cieux, que ton nom soit sanctifié! Matthieu 6:9.
Un nom irremplaçable
Bien que quantité de traducteurs soient partisans de la prononciation Yahvé,
Alexandre Westphal, docteur en théologie de langue française, a jadis fait le même choix pour des raisons tout à fait similaires. Dans son ouvrage intitulé Jéhovah il déclarait: Si quelque lecteur venait à sétonner de ce que nous écrivons Jéhovah, et non pas Jahvéh, ou Jahvé (...), nous répondrons que nous nous sommes fait un devoir de nadopter dans notre livre que les modifications qui simposent. (...) Il est certain que le mot Jéhovah, mot classique en français, consacré par les maîtres de notre langue comme par la littérature chrétienne qui depuis des siècles fait lédification de lÉglise, est un vocable conventionnel. (...) On comprendra dès lors que nous nayons pas cru devoir jeter le désarroi parmi nos lecteurs, en rompant avec une tradition qui (...) exprime dans le vocable Jéhovah le tétragramme JHVH. Édition de 1924, pages 36, 37.
De même, dans sa Grammaire de lhébreu biblique (édition de 1923, note au bas de la page 49), le professeur Paul Joüon, membre de lInstitut biblique de Rome, dit: Dans nos traductions, au lieu de la forme (hypothétique) Yahweh, nous avons employé la forme Jéhovah (...) qui est la forme littéraire et usuelle du français.
Est-il donc mal dutiliser une graphie comme Yahvé ou Yahweh? Pas du tout. Lavantage du vocable Jéhovah consiste en ce que celui-ci a plus de chances déveiller tout de suite un écho chez le lecteur du fait quil a été adopté par la plupart des langues. Quoi quil en soit, ce qui compte, cest que nous employions le nom par excellence et que nous le proclamions devant nos semblables. Rendez grâce à Jéhovah, sexclame le prophète. Invoquez son nom. Faites connaître parmi les peuples ses manières dagir. Faites mention de ceci: que son nom est mis en haut. Ésaïe 12:4.
Tous les biblistes nont pas la même idée sur la façon dont le nom YHWH était prononcé au départ.
Dans louvrage The Mysterious Name of Y.H.W.H. (Le nom mystérieux de Y.H.W.H., page 74), M. Reisel soutient quà lorigine, la vocalisation du Tétragramme devait être YeHōūàH ou YaHōūaH.
Au sujet de la graphie Yahvé, Alexandre Westphal précise dans son Dictionnaire encyclopédique de la Bible (1932-35): On na pas la preuve que cette forme soit la véritable. Le fait que les Juifs dÉléphantine écrivaient Jahou autorise à penser que la vocalisation du nom propre du Dieu dIsraël garde encore son secret. Tome I, page 295.
Dans le glossaire de la version Segond révisée (1978, page 9) on trouve la remarque suivante: La prononciation Yahvé, proposée dans des versions récentes repose sur quelques témoignages anciens qui ne sont pas décisifs: on pourrait tout aussi bien reconstituer la prononciation en Yaho ou Yahou, en tenant compte des noms de personnes, dans lesquels le nom divin entre en composition, par exemple le nom hébreu du prophète Élie: ŽÉliyahou.
Dans son Dictionnaire de la Bible (1722-1728), Augustin Calmet énumérait ainsi quelques-unes des différentes orthographes du nom divin: Les anciens lont exprimé différemment. Sanchoniathon écrit Jevo, Diodore de Sicile, Macrobe, saint Clément dAlexandrie, saint Jérôme et Origène prononcent Jao; saint Épiphane, Théodoret et les Samaritains, Jabé, ou Javé. On trouve aussi dans les anciens Jahoh, Javo, Jaou, Jaod. Louis Cappel est pour Javo; Drusius, pour Javé; Mercerus [Mercier], pour Jehevah; Hottinger, pour Jehvah. Édition de 1863, tome II, colonne 913.
Il est donc évident que la prononciation originelle du nom de Dieu sest perdue. Mais cela na pas une grande importance, sinon le Créateur aurait veillé à ce quelle soit préservée à notre intention. Lessentiel, cest que nous nous servions du nom de Dieu dans la forme consacrée par notre langue, quelle quelle soit.
Le vocable Jéhovah est internationalement accepté, comme en témoigne lorthographe traditionnelle du nom divin dans les quelques langues suivant Narrinyeri: Jehovah Néerlandais: Jehovah Nembe: Jihova Petats: ihouva Polonais: Jehowa Portugais: Jeová Roumain: Iehova Samoan: Ieova Sotho: Jehova Souahéli: Yehova Suédois: Jehova Tagal: Jehova Tahitien: Iehovah Tonga: Jihova Venda: Yehova Xhosa: uYehova Yorouba: Jehofah Zoulou: uJehova
Le nom divin Jéhovah a été largement employé, même dans le monde profane
Franz Schubert a composé la musique du lied de Johann Ladislav Pyrker intitulé
En outre, le nom Jéhovah revient souvent dans loratorio Le Roi David, du compositeur suisse francophone Arthur Honegger. Pour ce qui est de la littérature, Victor Hugo la utilisé dans plus dune trentaine duvres. À linstar de Lamartine, il a même intitulé lun de ses poèmes Jéhovah.
Dans le livre Deutsche Taler (Le thaler allemand), publié en 1967 par
Dans un musée de Rudolstadt, en Allemagne de lEst, le nom JÉHOVAH apparaît en capitales sur le couvre- nuque dune armure qui a été portée au XVIIe siècle par Gustave II Adolphe, roi de Suède.
Ainsi donc, depuis des siècles le vocable Jéhovah est connu dans de nombreuses nations comme le nom propre de Dieu. Et ceux qui lentendent savent aussitôt qui il désigne. Comme le disait le professeur Gustav Oehler, cest ce nom qui est le mieux entré dans notre vocabulaire, et on ne pourra pas le remplacer par un autre terme. Theologie des Alten Testaments (Théologie de lAncien Testament), page 143.
Au fil des siècles, le Tétragramme représentant le nom divin a été introduit dans la décoration de nombreux
édifices religieux.
Basilique Notre-Dame de Fourvière, à Lyon (Rhône), en France.
Cathédrale de Bourges (Cher), en France.
Église de
Église de Digne (Alpes de Haute-Provence), en France.
Église de São Paulo, au Brésil.
Cathédrale de Strasbourg (Bas-Rhin), en France.
Basilique Saint-Marc, à Venise, en Italie.
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Le Nom Divin se rencontre très fréquemment dans le texte des Écritures, ce qui montre à quel point il est important pour Celui qui le porte, lAuteur du Livre Sacré. Cest outrager lAuteur divin des Saintes Écritures que de supprimer ou de cacher son nom propre, son nom particulier. En fait, le Tétragramme apparaît 6 828 fois dans le texte hébreu "Biblia Hebraica" et "Biblia Hebraica Stuttgartensia". | ||
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Aujourdhui, mis à part quelques fragments de la traduction grecque primitive des Septante, fragments où le nom sacré se trouve conservé en lettres hébraïques, seul le texte hébreu maintient, sous sa forme originelle de quatre lettres, ce nom de la plus haute importance, mais dont la prononciation exacte ne sest pas conservée. Les éditions courantes de Dans le codex de Leningrad B 19A, qui se trouve en Russie et qui a été pris comme base pour la "Biblia Hebraica Stuttgartensia" (BHS), le Tétragramme est vocalisé en Yehwah, Yehwih, Yèhwih et un certain nombre de fois en Yehowah, par exemple en Gn 3:14. Dans lédition du texte hébreu de C. Ginsburg, YHWH est vocalisé en Yehowah. |
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Cest en 1530 que William Tyndale a traduit les cinq premiers livres de la Bible, livres où il a écrit "Iehovah" (en Gn 15:2 ; Ex 6:3 ; 15:3 ; 17:16 ; 23:17 ; 33:19 ; 34:23) et "Iehoua" (en Dt 3:24). Dans une note de cette édition, Tyndale a écrit ceci : "Iehovah est le nom de Dieu (...). Dautre part, toutes les fois que tu vois SEIGNEUR en grandes lettres (sauf si cest une faute dimpression), cest Iehovah en hébreu". De là est venue lhabitude chez les traducteurs demployer le nom de Jéhovah en quelques endroits seulement, mais décrire "SEIGNEUR" ou "DIEU" dans la plupart des endroits où le Tétragramme paraît en hébreu. Cette habitude a été adoptée par les traducteurs de
La Bible de Genoude, parue en 1824, emploie "Jéhovah" pour traduire le Tétragramme sacré (voir Ex 6:3 ; 15:3, 6, 11, 16 ; Dt 33:2, 3, 5, 11 ; Ps 95:1, 2, 4, 7-10, 12 ; etc.). La Bible de Crampon, édition de 1894, dit ceci dans sa préface : "Nous avons conservé Jéhovah,
La création atteste lexistence de Dieu, mais ne révèle pas son nom (Ps 19:1 ; Rm 1:20). Connaître le Nom Divin implique beaucoup plus que savoir quel est ce nom (2Ch 6:33). En fait, cela signifie connaître
Sur terre, Jésus-Christ "manifesta ce nom" à ses disciples (Jn 17:6, 26). Certes, les disciples connaissaient déjà ce nom et étaient familiarisés avec les actions de Dieu consignées dans les Écritures hébraïques, mais ils parvinrent à une connaissance bien meilleure et bien plus extraordinaire de Yahwah grâce à lui (Jn 1:18).
Cela démontre que les seuls à connaître vraiment le nom de Dieu sont ses serviteurs obéissants ( 1 Jn 4:8 ; 5:2, 3). Cest à ceux-là que sapplique la promesse de Dieu rapportée en Psaume 91:14 : " Je vais le protéger parce quil a appris à connaître mon nom". Le nom par lui-même ne renferme pas de pouvoirs magiques, mais Celui quil désigne peut offrir une protection à ceux qui lui sont attachés. En somme, le nom représente Dieu lui-même. Voilà pourquoi le livre des Proverbes déclare :
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"Le nom de |
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est une tour forte. Le juste y court et se trouve protégé" (Pr 18:10). |
source: http://perso.wanadoo.fr/hlybk/bible/nom-divin.htm#Le%20nom%20divin
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